kingdom interview

Depuis MindReader, Kingdom n'a rien lâché de la tension qui a fait la force du hit, renouvellant au moins deux fois sur Night Slugs. Invité à Paris ce soir-même au lancement des soirées Gazza au Pompon, on l'interrompt alors qu'il étend son empire aux Etats Unis, par le feu des Nguzunguzu et MikeQ.
Quels étaient les premiers artistes auxquels tu voulais ressembler ?
Ezra : Je fais de la musique depuis mon enfance, mais je me souviens avoir tenté d’imiter sur mon synthé les beats de Darkchild pour le premier album des Destiny’s Child ou les premiers travaux d’Aaliyah et Timbaland quand j’avais 16 ans.
Question piège pour qui vient de lancer un label (Fade To Mind) exclusivement dédié aux productions américaines : te sens-tu plus proche de la côte américaine et de son footwork ou des rivages anglais et de leur bass music ?
E : Dans les faits, je me sens plus proche de la façon dont mon cerveau et celui de mes amis réinterprètent tous ces sons, mais si vraiment il me fallait choisir, je dirais que j’ai bien plus explicitement emprunté au grime et au garage que je n’ai retiré du footwork. Du moins pour l’instant.
Quel est le tout premier réflexe qui te vient quand tu commences un morceau ?
E : Je fais pas du beatbox à proprement parler, mais je vise souvent le beat que je cherche à faire avec la bouche. Sinon, rien de plus spécial que moi en train de taper sur mes drum pads.
Quand tu choisis de travailler avec Shyvonne, Naomi Allen ou de sampler Sadie Ana, qu’est ce qui retient ton attention dans leurs voix ?
E : J’aime évidemment la souplesse de leur voix, mais c’est surtout l’attraction qu’exerce la personne qui me captive. Une diva comme Shyvonne par exemple, a pleine confiance devant le micro, et je n’ai pas à faire l’effort moi-même de tirer le plus fort de sa voix. Pour le sampling, c’est différent, c’est surtout le besoin de me trouver des runs vocaux inhabituels pour produire des mélismes.
Mettons qu’il faille évacuer toutes les grandes villes (New York, LA, Chicago, London, Bristol et Berlin), où serait le point brûlant sur la carte du monde électronique où tu te verrais produire de la musique ?
E : Si tous ces hubs musicaux devaient vraiment se voir fermer, je crois que j’irais me terrer dans le fond du Massachussetts plutôt que de continuer à chercher. Sinon, Los Angeles, c’est vraiment le point central pour moi en ce moment.
En tant que producteur, te sens-tu en compétition avec les artistes que tu signes (ou même ceux de Night Slugs) ?
E : Jamais en compétition non, mais très inspiré et plutôt révérencieux du talent de mes amis.
C’est quoi l’expérience la plus inhabituelle vécue dans le cadre de tes voyages ?
E : Une fois j’ai passé des disques dans un village, Surfer’s Paradise, en Australie. J’y ai mangé du kangourou et fumé de l’herbe avec les gens du club. J’ai appris seulement plus tard par le gérant de l’hôtel que j’ai manqué de peu l’expulsion du pays. J’aurais au moins retenu la leçon.
Cinq morceaux de 2011 qui ne s’useront jamais sur tes platines ?
Nguzunguzu - Water Bass Power
Rizzla - Badmind Ha
Kelly Rowland - Motivation (Instrumental)
Kelly Rowland - Motivation ft. Lil Wayne
Araabmuzik - Lift Off
Une idée à suggérer au music business pour 2012 ?
E : Regarder tranquillement en arrière, aller nager et revenir avec un large spectre d’artistes féminins pour lesquels on prendra vraiment le temps du développement.
Kingdom jouera ce soir dans le cadre des résidences hebdomadaires Gazza au Pompon. Ici, on croise les doigts très fort pour que ça ressemble à ça.
Kingdom - Fade to Mind (FADER Mix)
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