JJ, new age

pic : tanya
Matthieu Clervoy - Du peu que j’ai pu observer (les concerts de The Embassy et Nordpolen, quelques vidéos sur Youtube), on dirait qu’un grand nombre de groupes de Göteborg partagent la même approche en live -qu’il s’agisse de leur usage décomplexé de séquences préenregistrées, de la courte durée du concert, des musiciens qui dansent et boivent sur scène plus qu’ils ne jouent, ou du public restreint qui chante plus fort qu’un stade. Comment vous l’expliqueriez ?
JJ - Quand une personne joue et présente seule sur scène des choses qu’elle a vécu toute sa vie, avec sa part de rêves intimes, de secrets, de travail, devant une centaine voire des milliers de personnes qu’elle n’a jamais rencontré, tout cela peut rendre très confus. Malgré la confiance, la conviction et la passion pour ce qu’on fait, on ne comprend pas bien à l’heure de se transmettre, pourquoi faut-il monter sur scène, qui est-on vraiment ou plutôt, qui étions-nous vraiment et quelle idée les gens ont de nous au passé, quand eux sont là pour un album qu’on a enregistré il y a des années. Ou bien, est-ce seulement pour l’homme qui a créé une œuvre d’art ? Je crois que la chose redevient exactement comme au moment où nous avons rassemblé nos maigres ressources pour réaliser ce rêve : seul ou en groupe, extrêmement difficile à manier. Mais nous nous efforçons, dans la limite des moyens dont nous disposons, de confondre notre idée de la soirée avec l’urgence et l’humeur du temps présent, pour créer une situation vraie, réelle et sincère entre tous les gens qui nous entourent. Les artistes que j’estime plus que tout sont ceux qui puisent en leurs ressources propres pour tenter de créer quelque chose de réel, à l’instant même où nous sommes réunis tous ensembles pour célébrer les sentiments que nous avons les uns pour les autres, comme des êtres humains. Je ne me vois pas faire ce qui est attendu ou éprouvé, sinon, c’est tout de suite théâtre, comme dans plein d’autres cas. Malheureusement, il se trouve trop souvent encore un écart entre la personne sur scène et ceux qui la regardent, je ne sais pas pourquoi. Peut-être parce qu’il y en a un qui est payé pour être là tandis que les autres paient pour le voir. J’ai toutefois une vision très claire de comment cette rencontre s’opérera dans le futur, même si la technique pour la voir prendre forme n’a pas encore été développée. Mais bientôt, vous verrez comme nous le paradis jj in real life. Tout le monde sera jj, nous planerons sur les nuages ensembles dans un autre monde et on ne comprendra pas comment les gens faisaient autrefois.
Labels: chronicart, interview, jj, let go
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3 Comments:
cool!
pour mieux comprendre le sens de la question, je suggérerais presque cette vidéo...
http://www.youtube.com/watch?v=QdQAL3aXmC0
Je viens de découvrir ton blog et je dois dire qu'on y trouve de très belles photos.
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