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Saturday, April 25, 2009

Summers days : Phoenix interview


Pic : Betty <3

Les formules du NME sont souvent un peu pétées mais je crois qu’ils ne se trompent pas beaucoup en disant que Phoenix est le meilleur groupe de rock français du monde (même si j’aime bien aussi les chaussettes noires), Phoenix c’est surtout plein de souvenirs coolos avec en fond sonore if i ever feel better morceau intemporel par excellence. Donc quand on nous a proposé de les interviewer, bien plus qu’une occasion d’écrire un truc sur Twitter « je suis à l’hôtel amour tranquille avec Phoenix », c’ était le moment de faire le bilan calmement avec un groupe qu’on ne peut pas sérieusement ne pas aimer. Rencontre avec Thomas Mars, le chanteur du groupe, quelques semaines avant la sortie de Wolfgang Amadeus Phoenix et après leur prestation au Saturday Night Live.

Alors le Saturday Night Live ?

Déjà, Je suis hyper fan. On matait le vieux sketch avec Eddie Murphy ou Bill Murray, en tournée, comme t'as jamais le temps de mater un film vraiment...

Mais y jouer, c'était dément ! Un de mes moments préférés. Parce qu'en fait quand tu joues en live l'intérêt c'est le fait que tu puisses te planter. Et là il y a des millions de mecs, tu sais que si tu te plantes, t'es fini aux States. Forcément tu penses à Ashlee Simpson quand elle s'est tôlée. J'ai maté plein de performances que je trouvais assez nazes. Le truc est fait de manière bizarre, tu passes trois jours du jeudi au samedi à répéter. A la fin t'en peux plus, tu arrives dans une transe, t'es là "vas-y, achèves-moi, finis le truc". Tout est fait pour que tu stresses et que tu te dises "je vais foirer".

Mais en même temps, t'es bichonné comme dans Entourage. Tu demandes une pizza, ils t'en amènent quinze. Ils veulent te saouler la gueule. Les caméras te passent à un centimètre de la gueule. Et en même temps tout marche miraculeusement parce que les mecs qui bossent sont les meilleurs dans tout ce qu'ils font. T'as l'impression d'être dans une genre de Rolls. Vous matez Thirty Rock ? C'est une série sur l'envers du décor de Saturday Night Live, ça retranscrit bien le truc. Tout autour de toi, t'as ces mecs qui sont vachement iconiques , les "pagers" qui sont en costard et qui ont des petits logos NBC partout. Et chaque mec t'as l'impression que c'est juste un coursier, mais chaque mec est qualifié comme le concierge du Ritz. Ils peuvent t'avoir ce que tu veux dans la ville, ils ont tous les téléphones de la Maison Blanche, des trucs hallucinants ! C'est l'expérience ricaine ultime.

Deux heures avant qu’on joue, ils nous ont dit "bon alors, il y a que Coldplay, U2 et Mc Cartney a qui ont a demandé de jouer trois chansons comme ça", ça te met grave la pression et en plus ils nous demandent de chanter "Too Young" qu'on a pas joué depuis un an. Ce qui est triste c'est quand c'est fini, tu te demandes si tu vas le refaire un jour. Et en même temps ce qui est dingue c'est que l'album n'est pas encore sorti et qu'on est peut-être le plus petit groupe qu'ils aient jamais pris là-bas.

Et avant ça, les Etats-Unis, vous le sentiez comment ?

On sentait qu'il se passait un truc. On sentait que les mecs étaient excités parce que les tournées qu'on avait faites s'étaient bien passées.

Il n'y avait plus qu'à ce que ça devienne mainstream, grâce au SNL...

C'est ce que tous les mecs avec qui on bossait nous disaient.

C'est étonnant que vous puissiez avoir cet impact-là tout en gardant une image à peu près indie, avec une médiatisation qui reste concentrée sur la musique et pas sur vos vies privées par exemple.

C'est peut-être parce qu'on ne joue pas le jeu, on aime trop le côté anti-pro de la musique. On fait tout nous mêmes. Nos photos, nos clips. A un moment les mecs qui veulent vraiment cartonner, ils demandent à Mark Romanek un clip, tu vois, ou une apparition de Ben Stiller.

Pour moi il y a deux types d'artistes, ceux qui parlent à tout le monde : ta grand-mère et toi peuvent aimer, et il y a ceux dont tu as l'impression qu'ils ne parlent qu'à toi, qu'ils ont fait leur musique exprès pour toi. C'est tellement spé, c'est comme une œuvre d'art moderne où tu vas dans le musée, tu kiffes un truc et tu as le mec à côté qui dis "c'est n'importe quoi, il se fout de notre gueule". Ce qui est important finalement c'est juste le lien que tu as avec le truc et nous le lien qu'on a envie de créer, dépend directement de la musique qu'on fait... Prends "Like A Sunset" par exemple c'est notre chanson préférée mais à moins que ça se retrouve sur une pub à la con ou j'en sais rien, c'est loin d’être un truc universel. Enfin, il y a peu être quelque chose d’universel mais il n'y a pas une structure pop normale. Donc on est toujours entre les deux.

Mais, il y a quand même des désaccords, vous aimez tous la même chose?

Il y en a eu mais pas des gros. C'est quand quelqu'un aime un truc vraiment extrême. Extrême pour nous c'est pas un truc élégant. Par exemple dans le dernier T-Pain, il y a un truc dément, que moi j'adore, qu'on aime tous, c’est le morceau "Can’t believe it" avec Lil wayne. Le côté rappeur autotuné, foncedé, tu sens qu'il joue juste avec la machine, il y a un truc qui correspond à notre culte de la première prise, des choses impossibles et hyper-spontanées que tu ne reproduis pas après. Ce morceau contient des moments tellement dingues. De la même façon il y a plein de petits groupes qui flirtent avec le mauvais goût, mais tu trouves ce dont tu as besoin là-dedans.

Mais sur le dernier disque on est quand même un peu perdu, entre 1901, les lyrics de Lisztomania...Lisztomania c’est un genre de festival à Châteauroux pour les fans de Liszt, la chanson parle de ça ?

Je ne savais même pas ! Chaque chanson est un petit condensé de plein de références. Lisztomania c'est plein de trucs qu'on a maté et surkiffé dans la même semaine. Par exemple, Gatsby le magnifique, je l'ai lu d'une traite alors que ça ne m'arrive jamais de lire un bouquin hyper vite. Et puis, il y avait aussi American Gigolo, qu’on se repassait en boucle... Ce film est dément. Il a créé un nouveau style. American Gigolo a lancé Armani, alors que le film Gatsby, c’est ce qui a fait connaitre Ralph Lauren....C’était à un moment aussi où on avait tous aussi bloqué sur la biographie de Liszt.

On a parlé du songwriting, vous vous sentez concernés par l'aspect production sonore de vos albums ? Ca peut être un enjeu capital, par exemple pour moi Alphabetical était surproduit, presque inécoutable.

On a toujours une idée assez précise de ce qu'on veut et on passe des mois, des années à trouver. Le deuxième album, on n’est pas passés loin de la folie. On avait créé une pièce de 3 mètres sur 3 mètres, on a tout enregistré dedans, c'était la pièce la plus mate possible, pas d'air dedans, et on a enregistré dedans tous séparés, de façon hyper clinique. Au final, c'est un disque que tu ne peux pas aimer si tu ne le mets pas à fond. Tu n'entends pas le souffle, tu n'entends rien. Quand tu le mets à fond, il se passe un truc assez spécial et en ce qui me concerne c'est ça qui me plaisait, c'est quelque chose que je n’avais pas entendu encore entendu sur des disques. On voulait mettre "jouez-le à fond" sur la pochette. En live, par contre, c'est très difficile à jouer. C'est un monolithe. En passant du temps dans cette pièce où tu ne t’entends pas quand tu parles, tu deviens vraiment fou, tu en arrives à un stade où même si tout va bien dans ta vie, ça t'éclate la tête.

Comment Zdar est arrivé sur le disque ?

Lui il faisait le DJ le week-end donc et il passait souvent le vendredi soir quand on commençait à enregistrer. Après il venait de plus en plus tôt parce qu'il aimait bien ce qu'il écoutait, et en même temps il y avait une ambiance démente quand il venait. C'était devenu vraiment un moment qu'on attendait. Puis, au final il est venu comme, ça de plus en plus souvent jusqu'au mix où il était là tous les jours. Il y a même des périodes où il se barrait en vacances pendant trois semaines puis il revenait et réécoutait tout. Parfois, il disait même "vous avez tout foutu en l'air, revenez au début". Mais c'est un truc dont on avait besoin. Je crois qu'on ne pourrait pas bosser avec un mec qui ne serait pas aussi directif et aussi passionné. Il sait ce qu'il veut. C'est un avis tellement tranché, que si tu dis « non » t’es sur de te planter, même en étant sûr de toi.

En même temps, on sent sur l’album que vous aviez envie de retourner à l'esprit du premier album dans le mix, non ?

Ouais carrément ! Zdar, rien que quand tu le vois mixer il se passe un truc. C’est dément d'avoir un mec qui soit aussi passionné par notre zic je ne savais même pas que ça existait. Je me sentais limite mal. On a changé sa vie à un point où, des fois il revenait on lui jouait un truc, si on l'avait ruiné il chialait... Du coup t'es obligé de te bétonner parce que t'as passé deux ans dessus.

C'est quoi votre rythme de vie par rapport à la musique ?

On ne prend jamais de vacances, on est totalement dédiés à ce truc. Quand tu fais un album, t'es vraiment un ermite et quand t'es en tournée, t'as une vie de gitan. Mais c’est cette alternance qui est géniale, sauf si tu tournes trop longtemps, et que tu sens que tu n’as plus rien à donner..

Wolfgang Amadeus Phoenix, sort le 25 mai. ça va être bien, oui oui.

http://www.wearephoenix.com/



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posted by iDiBi at 1:06 AM

14 Comments:

Anonymous Anonymous said...

on vous aime phoenix

1:35 AM  
Anonymous Anonymous said...

c'est qui phoenix?

2:43 AM  
Anonymous Saku said...

Bravo!

9:55 AM  
Blogger Coline said...

gare d'austerlitzomania

1:04 PM  
Blogger Guillaume (AidAke!) said...

coule l'interview !

1:29 PM  
Anonymous chris313 said...

Merci pour l'interview. Les réponses sont plus développées que d'habitude. J'ai appris plein de trucs.

2:36 PM  
Anonymous dsslvd said...

Merci !

12:08 PM  
Anonymous Anonymous said...

phoenix c est vraiment de la merde

2:36 AM  
Anonymous Anonymous said...

moi aussi j'aime bien la merde

1:31 AM  
Anonymous Anonymous said...

bah alors, il est où le mp3 gratis de Phoenix ? On dirait que les gros on droit un traitement de faveur...

5:08 PM  
Blogger redhotcar said...

On a posté un morceau il y a plusieurs semaines, le post a été supprimé par la RIAA / Google alors qu'on a avait l'autorisation.

7:48 PM  
Anonymous Anonymous said...

betty est vraiment trop mignonne!

10:17 AM  
Anonymous Anonymous said...

C'est étonnant que c'est avec leur pire album qui sent la fin (on parie que c'est le dernier?) que ce groupe soit fêté à ce point (fêté par des journalistes qui savent écrire, sans doute troublés, je cite les Inrocks : "des tubes en puissance qui déclanchent une véritable hérésie" sic). Et pourtant des bons disques et des belles chansons, ils en ont faits. Mais là, rien, désolé. Par contre un plan promo qui sent le béton : on dirait que si ce disque ne vend pas, c'est la cata industrielle. J'ai l'impression que Phoenix est un peu l'orchestre du Titanic, qui fait semblant de jouer quand toute l'industrie du disque coule à pic. ça laisse un goût très amer dans la bouche. Est ce que tout le monde est sourd dans l'industrie du disque? et vous aussi? ou n'avez vous pas écouté les disques précédents?

4:15 PM  
Blogger nothinginmymorning said...

Déjà, ce n'est en aucun cas le dernier album, ni l'avant dernier, c'est sur.
Après je suis d'accord avec toi sur le fait que ça ne soit pas leur meilleur album mais de là à remettre en cause la qualité de ce dernier, faut pas pousser trop loin.
Puis y a que toi que ça dérange ce succès, parce que eux, je te l'assure ils s'en contrefoutent totalement, mais ça leur permet juste d'avoir le moyen de faire encore plus ce qui veulent.
Puis penser que si le disque ne se vendait pas c'était la 'cata' c'est un peu gros, quand tu penses qu'ils ont quasiment tout auto-produit après s'être fait viré de EMI et le label Loyauté est arrivé à la fin, sans trop leur apporté grand chose.
Tout ce que tu dis ne tient pas, mais je pense qu'on est d'accord sue le fond.

6:48 PM  

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